mardi 11 août 2026

Barbara : Mon enfance

 

               



J'ai eu tort, je suis revenue dans cette ville loin perdue
Où j'avais passé mon enfance
J'ai eu tort, j'ai voulu revoir le coteau où glissaient le soir
Bleus et gris, ombres de silence
Et je retrouvais comme avant, longtemps après
Le coteau, l'arbre se dressant, comme au passé
J'ai marché les tempes brulantes, croyant étouffer sous mes pas
Les voies du passé qui nous hantent et reviennent sonner le glas
Et je me suis couchée sous l'arbre et c'étaient les mêmes odeurs
Et j'ai laissé couler mes pleurs, mes pleurs
J'ai mis mon dos nu à l'écorce, l'arbre m'a redonné des forces
Tout comme au temps de mon enfance
Et longtemps, j'ai fermé les yeux, je crois que j'ai prié un peu
Je retrouvais mon innocence
Avant que le soir ne se pose, j'ai voulu voir
La maison fleurie sous les roses, j'ai voulu voir
Le jardin où nos cris d'enfants jaillissent comme source claire
Jean-Claude, et Régine, et puis Jean, tout redevenait comme hier
Le parfum lourd des sauges rouges, les dahlias fauves dans l'allée
Le puits, tout, j'ai tout retrouvé
Hélas
La guerre nous avait jeté là, d'autres furent moins heureux, je crois
Au temps joli de leur enfance
La guerre nous avait jeté là, nous vivions comme hors la loi
Et j'aimais cela, quand j'y pense
Où mes printemps, où mes soleils, où mes folles années perdues
Où mes 15 ans, ou mes merveilles, que j'ai mal d'être revenue, oh
Les noix fraîches de septembre et l'odeur des mûres écrasées
C'est fou, tout, j'ai tout retrouvé
Hélas
Il ne faut jamais revenir aux temps cachés des souvenirs
Du temps béni de son enfance
Car parmi tous les souvenirs, ceux de l'enfance sont les pires
Ceux de l'enfance nous déchirent
Oh ma très chérie, oh ma mère, où êtes-vous donc aujourd'hui?
Vous dormez au chaud de la terre et moi, je suis venue ici
Pour y retrouver votre rire, vos colères et votre jeunesse
Et je suis seule avec ma détresse
Hélas
Pourquoi suis-je donc revenue et seule au détour de ces rues
J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche
Pourquoi suis-je venue ici, où mon passé me crucifie
Elle dort à jamais mon enfance

La solitude - Barbara

 

                

Je l'ai trouvée devant ma porte
Un soir, que je rentrais chez moi
Partout, elle me fait escorte
Elle est revenue, la voilà
La renifleuse des amours mortes
Elle m'a suivi, pas à pas
La garce, que le Diable l'emporte
Elle est revenue, elle est là
Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés
Elle nous fait le cœur à la traîne
Elle nous fait le cœur à pleurer
Elle nous fait des matins blêmes
Et de longues nuits désolées
La garce, rlle nous ferait même
L'hiver au plein cœur de l'été
Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés
T'as la mine du désespoir
Tu n'es pas belle à regarder
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui
Je n'ai pas le goût du malheur
Va t-en voir ailleurs si j'y suis
Je veux encore rouler des hanches
Je veux me saouler de printemps
Je veux m'en paye des nuits blanches
À cœur qui bat, à cœur battant
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier
Je veux encore dire "je t'aime"
Et vouloir mourir d'aimer
Elle a dit "ouvre-moi ta porte"
Je t'avais suivi pas à pas
Je sais que tes amours sont mortes
Je suis revenue, me voilà
Ils t'ont récité leurs poèmes
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine
Eh bien, c'est fini, maintenant
Depuis, elle me fait des nuits blanches
Elle s'est pendue à mon cou
Elle s'est enroulée à mes hanches
Elle se couche à mes genoux
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas
Elle m'attend devant ma porte
Elle est revenue, elle est là
La solitude, la solitude

Un poète sur la 2 - Charles Trenet 1971

 





                

 



                 

Provided to YouTube by Universal Music Group Les amants de coeur · Jacques Brel Les Bourgeois/La valse A Mille Temps/Les Bonbons ℗ 1982 Barclay Released on: 2006-01-01 Composer Lyricist: Rod McKuen


Ils s'aiment, s'aiment en riant
Ils s'aiment, s'aiment pour toujours
Ils s'aiment tout au long du jour
Ils s'aiment, s'aiment, s'aiment tant
Qu'on dirait des anges d'amour
Des anges fous se protégeant
Quand se retrouvent en courant
Les amants
Les amants de cœur
Les amants
Ils s'aiment, s'aiment à la folie
S'effeuillant à l'ombre des feux
Se découvrant comme deux fruits
Puis se trouvant n'être plus deux
Se dénouant comme velours
Se reprenant au petit jour
Et s'endormant les plus heureux
Les amants
Les amants de cœur
Les amants
Ils s'aiment, s'aiment en tremblant
Le cœur mouillé, le cœur battant
Chaque seconde est une peur
Qui croque le cœur entre ses dents
Ils savent trop de rendez-vous
Où ne vinrent que des facteurs
Pour n'avoir pas peur du loup
Les amants
Les amants de cœur
Les amants
Ils s'aiment, s'aiment en pleurant
Chaque jour un peu moins amants
Quand ils ont bu tout leur mystère
Deviennent comme sœur et frère
Brûlent leurs ailes d'inquiétude
Redeviennent deux habitudes
Alors changent de partenaire
Les amants
Les amants de cœur
Les amants
Qui s'aiment, s'aiment en riant
Qui s'aiment, s'aiment pour toujours
Qui s'aiment tout au long du jour
Qui s'aiment, s'aiment, s'aiment tant
Qu'on dirait des anges d'amour
Des anges fous se protégeant
Quand ils se retrouvent en courant
Les amants
Les amants de cœur
Les amants