1 - 00:00 Te voici
2 - 02:47 Blue Jean Bop
3 - 05:20 Kansas city
4 - 07:59 Comment vas-tu mentir
5 - 10:25 Belle Honey
6 - 13:08 Ready Teddy
7 - 15:08 Jolie Miss Molly
8 - 18:05 Sentimentale
9 - 20:01 C'est le soir
10 - 22:19 l'oncle John
11 - 24:11 Peggy Sue
12 - 26:46 Jolie mélodie
Dépoussiérage de cet album très rock, en stéréo digitale d'après les mixages monos..
Georges Brassens - "Les 4 z'arts", en live à Bobino en 1969
"Les 4 z'arts", en live à Bobino en 1969
Cette chanson est un pied de nez adressé à la mort et son titre fait référence au bal des Quat'z'Arts, grande fête organisée par les étudiants de l'École des Beaux-Arts de Paris
Les copains affligés, les copines en pleurs La boîte à dominos enfouie sous les fleurs Tout le monde équipé de sa tenue de deuil La farce était bien bonne et valait le coup d'œil
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut L'enterrement paraissait officiel Bravo
Le mort ne chantait pas Ah, c'qu'on s'emmerde ici Il prenait son trépas à cœur, cette fois-ci Et les bonshommes chargés de la levée du corps Ne chantaient pas non plus Saint-Eloi bande encore
Les QuatZ'Arts avaient fait les choses comme il faut Le macchabée semblait tout à fait mort Bravo
Ce n'étaient pas du tout des filles en tutu Avec des fesses à claque et des chapeaux pointus
Les commères choisies pour les cordons du poêle Et nul ne leur criait À poil, à poil, à poil
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut Les pleureuses sanglotaient pour de bon Bravo
Le curé n'avait pas un goupillon factice Un de ces goupillons en forme de phallus Et quand il y alla de ses de profondis L'enfant de chœur répliqua pas morpionibus
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut Le curé venait pas de Camaret Bravo
On descendit la bière et je fus bien déçu La blague maintenant frisait le mauvais goût Car le mort se laissa jeter la terre dessus Sans lever le couvercle en s'écriant "coucou"
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut Le cercueil n'était pas à double fond Bravo
Quand tout fut consommé, je leur ai dit "messieurs Allons faire à présent la tournée des boxons" Mais ils m'ont regardé avec de pauvres yeux Puis ils m'ont embrassé d'une étrange façon
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut Leur compassion semblait venir du cœur Bravo
Quand je suis ressorti de ce champ de navets L'ombre de l'ici-gît pas à pas me suivait Une petite croix de trois fois rien du tout Faisant, à elle seule, de l'ombre un peu partout
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut Les revenants s'en mêlaient à leur tour Bravo
J'ai compris ma méprise un petit peu plus tard Quand, allumant ma pipe avec le faire-part Je m'aperçus que mon nom, comme celui d'un bourgeois Occupait sur la liste une place de choix
Les Quat'Z'Arts avaient fait les choses comme il faut J'étais le plus proche parent du défunt Bravo
Adieu les faux tibias, les crânes de carton Plus de marche funèbre au son des mirlitons Au grand bal des Quat'Z'Arts nous n'irons plus danser Les vrais enterrements viennent de commencer
Nous n'irons plus danser au grand bal des Quat'Z'Arts Viens, pépère, on va se ranger des corbillards Nous n'irons plus danser au grand bal des Quat'Z'Arts Viens, pépère, on va se ranger des corbillards
Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite Madame, hier encore elle était si petite Et ses premiers tourments sont vos premières rides Madame, et vos premiers soucis
Chacun de ses vingt ans pour vous a compté double Vous connaissiez déjà tout ce qu’elle découvre Vous avez oublié les choses qui la troublent Madame, et vous troublaient aussi
On la trouvait jolie et voici qu’elle est belle Pour un individu presque aussi jeune qu’elle Un garçon qui ressemble à celui pour lequel Madame, vous aviez embelli
Ils se font un jardin d’un coin de mauvaise herbe Nouant la fleur de l’âge en un bouquet superbe Il y a bien longtemps qu’on vous a mise en gerbes Madame, le printemps vous oublie
Chaque nuit qui vous semble à chaque nuit semblable Pendant que vous rêvez vos rêves raisonnables De plaisir et d’amour ils se rendent coupables Madame, au creux du même lit
Mais coupables jamais n’ont eu tant d’innocence Aussi peu de regrets et tant d’insouciance Qu’ils ne demandent même pas votre indulgence Madame, pour leurs tendres délits
Jusqu’au jour où peut-être à la première larme A la première peine d’amour et de femme Il ne tiendra qu’à vous de sourire Madame Madame, pour qu’elle vous sourie...