Je n'oublierai jamais
Charles Aznavour
Chanson de
C'est un bonheur incandescent
Qui coule en mon âme et mon sang
Près de toi
C'est mille soleil inconnus
Qui m'aveuglent, offrant à ma vue
Tant de joie
Dont la clarté métamorphose
Le monde, les gens et les choses
Pour moi
Les portes s'ouvrent à deux battants
Pour moi
Et que tu es dans mes bras
Irradiante de tout ses feux
Je te vois
Pour me griser, pour m'étourdir
Quand je te serre à l'agonie
Tu fais entrer
Tu fais jaillir
Dont la clarté métamorphose
Le monde, les gens et les choses
Pour moi
Les portes s'ouvrent à deux battants
Pour moi
Et que tu es dans mes bras
Irradiante de tout ses feux
Fait que même en fermant les yeux
Je te vois
Chanson de
On ne nous verra plus ensemble
Désormais
Mon cœur vivra sous les décombres
De ce monde qui nous ressemble
Et que le temps a dévasté
Désormais
Ma voix ne dira plus "je t'aime"
Désormais
Moi qui voulais être ton ombre
Je serai l'ombre de moi-même
Ma main de ta main séparée
Nous ne mordrons au même fruit
Ne dormirons au même lit
Ne referons les mêmes gestes
Jamais plus
Ne connaîtrons la même peur
De voir s'enfuir notre bonheur
Les gens nous verrons l'un sans l'autre
Désormais
Nous changerons nos habitudes
Et ces mots que je croyais nôtres
Tu les diras dans d'autres bras
Désormais
Je garderai ma porte close
Désormais
Enfermé dans ma solitude
Qui parleront toujours de toi
Nous ne mordrons au même fruit
Ne dormirons au même lit
Ne referons les mêmes gestes
Jamais plus
Ne connaîtrons la même peur
De voir s'enfuir notre bonheur
Et du reste désormais
On ne nous verra plus ensemble
On ne nous verra plus ensemble
Chanson de
Des amis merveilleux
Fainéants
Pique-assiettes et que l'on est comme eux
Pas bégueules
Snobinards et dorés
Jouer
Les anarchistes aigris, les révoltés
Forts en gueules
Le troupeau de crevards
Hirsutes et mal lavés
Arrivant quelque part
Assaillant le buffet
Et jetant au hasard
Les pattes dans les mets
Sous de tristes regards
De détresse
Nos hurlement d'horreur
En voyant des objets
Des tableaux de valeur
On se montrait exprès
Goujats et monstrueux
Et puis l'on décampait
Sans merci, ni adieu
À l'hôtesse
Exécrables, et pourtant
Nous étions romantiques
Faits de chair et de sang
De faiblesse
Je n'ai pas de remords
Et recommencerais
Si je tenais encore
Ma jeunesse
De joyeux rigolos
Plus ou moins
Attachés
À de vagues journaux très obscurs
Philosophes, écrivains
Poètes d'occasion
Illustres inconnus
Néanmoins
Nous avions la dent dure
Nos merveilleux festins
Près des tonneaux percés
D'où pissait le bon vin
Quand nous étions vautrés
Dessus ou bien dessous
Que le jus nous coulait
Dans le nez, dans le cou
Les entrailles
Nos cris et nos serments
Nos discours enflammés
Sur le désarmement
Nos folles équipées
Nos courses éperdues
À travers un quartier
Qui nous crachait dessus
Nos batailles
Qui partageaient nos jours
Et faisaient le ménage
La cuisine, et l'amour
Tendres cailles
Ce que j'ai vu s'enfuir
Je n'ai pas de regrets
Car j'ai des souvenirs
En pagaille
Il est la reponse aux questions
De nos 'mes inquietes
Et le maitre des sensations
Qui blanchissent nos nuits
Terre de force et de faiblesse
Semee de haine et de tendresse
L'amour
Il est le pole d'attraction
Qui fait tourner les tetes
Et parfois selon l'occasion
Le chat et la souris
Mais conscient de ses privileges
En fin de compte il est le piege
L'amour, l'amour
L'amour, l'amour, l'amour
L'amour, l'amour
Mon amour
On ne sait comment il fleurit
Ni soudain pourquoi il s'acheve
Souvent il prolonge les reves
Parfois il ecoute la vie
Il est la folle incarnation
De nos idees abstraites
Le chef-d'oeuvre de perfection
D'un auteur de genie
Il est fait d'ombre et de lumiere
Ce mal qui nous est necessaire
L'amour, l'amour
L'amour, l'amour, l'amour
L'amour, l'amour
Mon amour





