mardi 5 juin 2018

LA BELLE CHANSON - En hommage à Marc Ogeret


LA BELLE CHANSON


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Canaille le Rouge, le c@rnet, ses p@ges.




En hommage à Marc Ogeret

Publié le 5 Juin 2018

Ne pas pleurer
malgré la tristesse
faire entendre sa voix
une vie de combat
donc continuons sans faiblesse
En hommage à Marc Ogeret
Un voix de lutte, de colère, d'amour et d'espoir vient de s'éteindre.
Au moment où le voile se déchire sur l'histoire esclavagiste de la France, ses colonies toujours là,  tout comme  ses suites dans ce si vieux nouveau monde. Peu connue mais écoutez donc. 



LA LIBERTE DES NEGRES
Par le citoyen Antoine-Pierre-Augustin chevalier de Piis Chanté à la section des Tuileries le Décadi 20 Pluviôse
Air : Ah ! De quel souvenir affreux.


1.LE savez-vous, Républicains,
Quel sort était le sort du nègre
Qu'à son rang, parmi les humains,
Un sage décret réintègre ;
Il était esclave en naissant !
Puni de mort pour un seul geste….
On vendait jusqu’à son enfant….
Le sucre était teint de son sang….
Daignez m’épargner tout le reste.
2.DE vrais bourreaux, altérés d’or,
Promettant d’alléger ses chaînes,
Faisaient, pour les serrer encor
Des tentatives inhumaines.
Mais contre leurs complots pervers,
C'est la Nature qui proteste ;
Et deux Peuples brisant leurs fers
Ont, malgré la distance des mers,
Fini par s ‘entendre de reste.
3.QU’ont dit les députés des noirs
A notre Sénat respectable,
Quand ils ont eû de leurs pouvoirs
Donné la preuve indubitable :
« Nous n’avons plus de poudre, hélas !
Mais nous brûlons d’un feu céleste,
Aidez nos trois cent mille bras
A conserver dans nos climats
Un bien plus cher que tout le reste. »
4.SOUDAIN, à l’unanimité :
« Déclarez à nos colonies,
Qu’au désir de l’humanité
Elles sont par vous affranchies.
Et si des peuples oppresseurs,
Contre un tel vœu se manifestent ;
Pour amis et pour défenseurs,
Enfin, pour colons de nos cœurs,
Songez que les Français vous restent. »
5.CES Romains, jadis si fameux,
Ont été bien puissans, bien braves ;
Mais ces Romains. libres chez eux,
Conservaient au loin des esclaves.
C‘est une affreuse vérité,
Que leur histoire nous atteste ;
Puisqu’avec nous d’humanité,
Déjà les Romains sont en reste.
6.TENDEZ vos arcs, négres marrons,
Nous portons la flamme à nos méches
Comme elle part de nos canons ;
Que la mort vole avec vos flèches.
Si des royalistes impurs
Chez nous, chez vous portent la peste,
Vous dans vos bois, nous dans nos murs,
Cernons ces ennemis obscurs,
Et nous en détruirons le reste.
7.QUAND dans votre sol échauffé,
Il leur a semblé bon de naître,
La canne à sucre et le café
N’ont choisi ni gérant, ni maître.
Cette mine est dans votre champ,
Nul aujourd’hui ne le conteste,
Plus vous peinez en l’exploitant,
Plus il est juste, assurément,
Que le produit net vous en reste.
8.DOUX plaisir de maternité,
Devenir plus cher à négresse ;
Et sans nuire à fécondité,
Prendre une teinte de sagesse.
Zizi toi n’étais, sur ma foi,
Trop fidèle, ni trop modeste ;
Mais toi t’en feras double loi,
Si petite famille à toi
Dans caze à toi, près de toi reste.
9.AMERICAINS, l’Egalité
Vous proclame aujourd’hui nos frères,
Vous aviez à la Liberté
Les mêmes droits héréditaires.
Vous êtes noirs, mais le bon sens
Repousse un préjugé funeste…
Seriez-vous moins intéressans,
Aux yeux des Républicains blancs
La couleur tombe, et l’homme reste.

La Butte Rouge - Marc Ogeret



La Butte Rouge

Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !
La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.
Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !
La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.
Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !
La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains ...

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